Kenankuna Janvier 2012

MISSION RDC

Janvier 2012

 

Contexte :

 

Cette mission fait suite à l’évaluation menée par SH en mai 2011 à l’issue de laquelle il a été décidé d’apporter rapidement un soutien matériel à l’hôpital général de référence (HGR) de Kenankuna et de mettre en place un coopération pérenne avec l’équipe soignante.

 

Objectifs :

 

  • Acheminer un premier stock de matériel à l’hôpital de Kenankuna pour faire face aux situations urgentes.

  • Identifier les contacts permettant de faciliter le déroulement des missions ultérieures et assurant une continuité dans le bon usage du matériel et le maintien de la qualité des soins en dehors des périodes de présence de SH.

  • Préciser les besoins en matériels et en formation.

  • Formaliser le partenariat par la signature d’une convention.

 

Bilan de la mission :

 

  1. Acheminement du matériel :

140 kg de matériel ont pu être acheminé à l’hôpital de Kenankuna : extracteur d’oxygène, stérilisateur, matériel d’oxygénothérapie, instruments chirurgicaux, matériel de perfusion, médicaments et solutés, ouvrages médicaux…

L’acheminement a pu se faire à moindre coût grâce au partenariat avec Air France pour le transport jusqu’à Kinshasa puis au recours à une société de fret pour le trajet Kinshasa – Mbuji-Mayi et enfin par la mise à disposition du véhicule tout-terrain de la zone de santé de Kabeya-Kamuanga pour le trajet jusqu’à l’hôpital de Kenankuna (près de 2 heures de piste).

La remise du matériel a fait l’objet d’une cérémonie officielle et un inventaire complet des produits remis a été établi et signé par le médecin directeur de l’hôpital, le représentant de l’administrateur du territoire et le représentant de la société civile. Ce document a été transmis au médecin inspecteur provincial. Cette démarche permet de garantir l’affectation de ce matériel à l’hôpital de Kenankuna.

Le personnel médical et infirmier a été formé par les membres de SH a l’utilisation et à l’entretien de ces matériels.

Nous avons cependant constaté que l’emploi de certains matériels pouvait avoir des limites. Par exemple le stérilisateur entraîne une consommation importante en carburant pour produire l’électricité nécessaire à son fonctionnement. L’utilisation de champs stériles à usage unique risque d’être limitée par la quantité ; il serait peut-être plus pertinent de fournir des champs stérilisables et de mettre l’accent sur la qualité de la stérilisation. Ces éléments seront à prendre en compte dans le choix des matériels qui seront emportés lors des prochaines missions.

 

  1. Principaux contacts :

ALIMA : ALIMA est désormais bien implanté en RDC avec une représentation locale à Kinshasa (chef de mission, administratrice, logisticien…) et plusieurs projets en cours et à venir dans différentes provinces. ALIMA peut nous apporter une aide logistique pour les missions futures (hébergement à Kinshasa, réservation véhicule avec chauffeur, vols intérieurs avec Echo Flight ou CAA…). Le contact avec ALIMA est également un gage indéniable de sécurité. Les coopérations entre SH et ALIMA sont donc à développer.

Dr Moïse KALONJI KANDOLO, médecin chef de zone. Il nous a accompagnés durant tout le séjour à Kenankuna et a organisé notre hébergement chez les sœurs. Il est très présent à l’hôpital et a un réel souci d’améliorer son fonctionnement. Il fait le lien entre les autorités sanitaires et le personnel de l’hôpital. C’est certainement le contact clé pour les missions futures. Il est indispensable de maintenir une relation avec lui par mail et par téléphone entre les missions.

 

Médecin directeur, médecins, infirmiers, gestionnaire de l’hôpital de Kenankuna. Nous avons eu de très bons contacts avec l’ensemble du personnel de l’hôpital. Ils sont très demandeurs de formation pour améliorer leurs pratiques.

 

Dr Joseph NGANDU. Bien que non impliqué directement dans le projet il nous a réservé un très bon accueil lors de nos passages Mbuji-Mayi. Il pourrait accueillir les équipes de SH lors des prochaines missions.

 

Autorités : à notre arrivée dans le Kasaï Oriental nous avons rencontré la Ministre provincial de l’éducation (qui faisait l’intérim du Ministre de la santé, absent lors de notre passage), le directeur de cabinet du Gouverneur, le médecin inspecteur provincial, l’administrateur du territoire de Kabeya-Kamuanga. Tous nous ont réservé un très bon accueil et nous ont assuré de leur soutien et de leur protection. Le directeur de cabinet du Gouverneur nous a fourni une invitation pour 6 mois, renouvelable, afin de faciliter l’obtention des visas.

 

Certains interlocuteurs nous ont sollicités pour que nous étendions notre action à plusieurs centres de santé de la zone (Kabeya-Kamuanga, Cincianku, lac Mukamba) et pour créer un Institut Technique Médical (école d’infirmier) à Kenankuna. Nous n’avons pris aucun engagement, affirmant que nous mettons une priorité sur l’hôpital de Kenankuna, mais ces demandes seront à reconsidérer lors de prochaines missions.

  1. Evaluation des besoins matériels et de besoins en formation

Nous avons participé à l’activité de l’hôpital aux cotés des équipes soignantes durant quelques jours afin de mieux connaitre son fonctionnement.

 

L’hôpital dispose de 40 lits pour assurer la médecine, la chirurgie, la pédiatrie et l’obstétrique pour une population d’environ 170.000 habitants.

 

L’accès à l’eau est difficile. La station de pompage qui alimentait la cité a été fermée il y a quelques mois pour des raisons politiques. La principale source d’eau est l’eau de pluie qui est récoltée dans des citernes. La rivière la plus proche est située à 3 km.

 

L’électricité est fournie par des groupes électrogènes qui ne sont mis en marche que quelques minutes par jour du fait du coût prohibitif du carburant (environ 2,5 euros par litre). Des panneaux solaires et des batteries permettent d’alimenter un réfrigérateur réservé au stockage de sang mais qui était vide.

 

Les déchets médicaux (DASRI et autres déchets) sont brûlés dans un four.

 

Le bâtiment principal comporte un laboratoire, un échographe, un bloc opératoire et une pharmacie, conformes à la description faite à l’issue de la mission exploratoire.

 

A noter que la pharmacie est approvisionnée par le Fond Mondial pour les anti-paludéens et par GAVI pour certains médicaments. Cependant pour certaines pathologies aucun traitement n’est disponible. Ainsi lors de notre séjour un enfant présentant une malnutrition sévère ne pouvait pas recevoir de soins faute de produits de nutrition.

 

Un appareil de radiographie est stocké depuis plusieurs années dans une caisse faute de pouvoir construire un bâtiment aux normes pour l’installer.

 

Deux secteurs d’hospitalisation de six lits chacun permettent d’accueillir les patients de médecine (adultes et enfants) et de chirurgie.

 

La maternité est située dans un 2ème bâtiment avec 1 salle d’accouchement, 2 lits de travail et 14 lits de post-partum. La table d’accouchement est vétuste. Avant notre passage il n’y avait aucun matériel de réanimation néo-natale (pas d’aspiration, pas d’oxygène, pas d’insufflateur manuel).

 

Un 3ème bâtiment d’une vingtaine de lit était fermé du fait de la faible activité d’hospitalisation, particulièrement marquée suite aux troubles post-électoraux.

 

La construction d’un 4ème bâtiment est interrompue au stade des fondations faute de moyens pour poursuivre les travaux.

 

L’équipe soignante est composée de 6 médecins (dont le médecin chef de zone et le médecin directeur) et de 12 infirmiers (10 A1 et 2 A2).

 

Les médecins sont présents de 7h30 à 15h30 du lundi au vendredi et jusqu’à 12h30 le samedi. Ils assurent à tour de rôle les consultations, les urgences, le suivi des patients hospitalisés et les interventions chirurgicales. En dehors de ces horaires un médecin est d’astreinte à domicile et peut être appelé à tout moment pour les urgences.

 

Les infirmiers sont encadrés par un infirmier chef de nursing. Ils sont présents en journée de 7h à 13h et de 13h à 18h. Un infirmier assure la garde de nuit sur place de 18h à 9h.

Tous les matins une réunion regroupant l’ensemble des médecins et des infirmiers permet de faire le point sur les événements de la soirée et la nuit précédente et d’organiser la journée de travail.

 

L’activité est en moyenne de 250 consultations par mois dont 120 conduisent à une hospitalisation (le taux d’occupation des lits est de 60%). Il y a environ 4 interventions chirurgicales par semaine et 6 césariennes par mois.

 

Les soins sont à la charge des patients : 700 francs congolais pour une consultation, 2 à 3 dollars pour une hospitalisation, 50 dollars pour une intervention chirurgicale.

 

Les besoins prioritaires en matériels et médicaments ont été listés en collaboration avec l’équipe médicale.

Les besoins en formation que nous avons identifiés portent sur les thèmes suivants :

  • Hygiène

  • Antibiothérapie

  • Chirurgie

  • Echographie obstétricale

  • Techniques de laboratoire

 

 

  1. Convention.

Le projet de convention rédigé par SH a été remis au ministre provincial de l’éducation, au médecin chef de zone et au médecin directeur de l’hôpital.

Il est nécessaire de poursuivre les échanges par mail avec le Dr KALONJI KANDOLO pour finaliser cette convention en vue d’une signature lors de la prochaine mission.

 

 

 

Yves PONCELIN

Florence DUCREUX